Là où tout a commencé
- 16 févr.
- 4 min de lecture

L’histoire derrière la Fondation Gina Landry
Il est près de minuit à l’Hôpital Sainte-Justine.
Dans une chambre éclairée par la lumière bleutée des moniteurs, un petit garçon de trois ans dort difficilement.
Son corps brûle.
Sa mère, assise au bord du lit, ne quitte pas l’écran qui affiche des chiffres qu’elle ne comprend pas complètement, mais qu’elle sait anormaux. La fièvre ne descend pas. Elle monte.
Encore.
« Je me souviens d’avoir regardé les médecins et de m’être dit : ils vont finir par trouver. Ils sont les meilleurs. Ils vont trouver. »
Ils ont cherché.
Pendant des heures.
Puis des jours.
Une maladie sans nom
Au départ, ce n’était qu’une fièvre persistante. Puis elle est devenue extrême. Incontrôlable.
Les spécialistes se sont succédé. Infectiologues. Pédiatres. Experts en maladies rares. Des équipes entières concentrées autour d’un enfant qui, pourtant, n’entrait dans aucune case.
Les analyses revenaient sans réponse claire.
Rien.
« C’était ça le plus dur », confie Gina aujourd’hui.
« S’il y avait eu un diagnostic, on aurait eu quelque chose à combattre. Mais là… on combattait l’inconnu. »
La fièvre atteignait des sommets inquiétants. Son petit corps luttait sans relâche.
Les jours passaient.
Les nuits devenaient plus longues que les jours.
Le moment que l’on n’oublie jamais
Puis il y a eu ce moment.
Celui où les regards ont changé.
Celui où les discussions dans le corridor sont devenues plus graves.
Et celui où l’on a demandé un prêtre.
« Quand on m’a dit ça… j’ai compris que ce n’était plus une simple hospitalisation. C’était peut-être la fin. »
Peu de parents devraient entendre ces mots pour leur enfant de trois ans.
La médecine avait exploré presque toutes les pistes.
Il restait une option.
Le tout pour le tout
Administrer une dose massive de cortisone.
Un traitement lourd. Risqué.
Un traitement qui pouvait sauver… ou laisser des séquelles irréversibles.
« On m’a expliqué les risques. On m’a parlé de ses os. De son développement. On m’a dit qu’il pourrait ne jamais marcher normalement. »
La décision n’était pas vraiment un choix.
C’était une nécessité.
Ce soir-là, les médecins ont injecté la cortisone.
Puis il a fallu attendre.
Le silence
Les heures suivantes se sont étirées dans un silence presque irréel.
Puis quelque chose a changé.
Le corps de Cedrik est devenu froid.
Dans un autre contexte, ce serait une catastrophe.
Mais ici, c’était le premier signe que la fièvre extrême cédait enfin.
« Je me souviens avoir posé ma main sur lui. Il était froid. Et pour la première fois depuis des jours… j’ai senti que peut-être, il revenait vers nous. »
La cortisone fonctionnait.
Il survivrait.
Survivre ne signifie pas sortir indemne
Mais la bataille ne s’arrêtait pas là.
La cortisone, à cette dose, fragilisait ses os. Elle attaquait sa structure même. Les médecins ont parlé de complications sérieuses, de risques à long terme, d’incertitudes.
La famille vivait désormais dans une autre forme de tension.
Soulagement immense.
Peur persistante.
« On était reconnaissants qu’il soit en vie. Mais on ne savait pas à quoi ressemblerait la suite. »
Les mois suivants ont été faits de suivis médicaux, de réadaptation, d’espoir prudent.
Cedrik a avancé.
Progressivement.
Courageusement.
Et la famille, avec lui.
Ce que l’on voit quand on reste
Il y a quelque chose qui marque lorsqu’on passe des semaines dans un hôpital pédiatrique.
On voit la fatigue dans les yeux des parents.
On voit les enfants qui sourient malgré tout.
On voit le personnel soignant qui donne bien plus que des soins : ils donnent de la présence.
« J’ai vu des familles qui vivaient des choses encore plus difficiles que nous. J’ai vu des parents qui n’avaient pas les moyens de manquer le travail. J’ai vu la fragilité humaine de près. »
Ce n’est pas seulement son fils qui a été transformé.
C’est sa vision du monde.
La promesse silencieuse
Il arrive que les grandes missions naissent dans les moments les plus sombres.
Pour Gina, l’idée de la Fondation ne s’est pas imposée comme un projet. Elle s’est imposée comme une responsabilité.
« Quand ton enfant survit à quelque chose comme ça, tu ne peux pas juste tourner la page. Tu dois faire quelque chose avec ça. »
Faire quelque chose.
Redonner.
Soutenir.
Être présente pour d’autres.
C’est ainsi qu’est né le premier Tournoi des Marios. Un événement organisé avec le cœur, pour remercier et pour aider. Quatre éditions ont suivi.
Puis sont venus les paniers de Noël.
Habiller les enfants.
Soutenir les familles en difficulté.
Multiplier les gestes concrets.
La Fondation n’est pas née d’une stratégie philanthropique.
Elle est née d’une nuit où tout aurait pu s’arrêter.
Aujourd’hui
Aujourd’hui, la Fondation Gina Landry agit avec la mémoire vive de cette épreuve.
Chaque projet porte cette histoire.
Chaque action est ancrée dans une réalité vécue.
Chaque aide offerte est empreinte de cette compréhension intime de la vulnérabilité.
« Je ne raconte pas cette histoire pour faire pleurer les gens. Je la raconte pour qu’on comprenne pourquoi on fait ça. »
Parce qu’un enfant a survécu.
Parce qu’une famille a été soutenue.
Parce qu’il existe des moments où la solidarité fait toute la différence.
Et maintenant
La Fondation existe parce qu’un jour, une mère a refusé que la peur soit la fin de l’histoire.
Elle existe parce que la gratitude peut devenir engagement.
Parce que la douleur peut devenir action.
Parce qu’une épreuve peut devenir un moteur de solidarité durable.
Si vous lisez ces lignes aujourd’hui, vous faites déjà partie de cette histoire.
Chaque don.
Chaque participation.
Chaque partage.
C’est une façon de dire qu’aucune famille ne devrait traverser seule une nuit où tout vacille.
Et que lorsque la vie tient à un fil, la solidarité peut faire toute la différence.

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